artistes, artistes peintres

Pénélope

 

Les ailes de l’archange Saint Michel et celles du dragon terrassé composées d’un même collage de fragments de billets de 100 francs cfa hors d’usage. Pénélope s’adonne à l’ivresse du sens et nous invite à la suivre fragment par fragment dans ses collages enluminés à l’encre de chine et à l’aquarelle.

 

Reprenons ; l’archange et le dragon, métaphore du combat entre le bien et le mal, mus par le même système financier, capable donc du meilleur mais aussi du pire. C’est ainsi que Penelope fait sens de tout fragment de ses œuvres. Elle nous en propose une grammaire qui du détail jusqu’à la composition de l’ensemble sert un propos car Pénélope est une artiste engagée.

 

Pénélope nous invite à revisiter des chefs d’œuvres en fragmentant de ses minutieux et savants collages le cri de Munch, Guernica, …. et Saint Michel terrassant le dragon de Raphaël. Pénélope s’empare de grands sujets de société qu’elle dissèque obstinément avec sa grammaire du fragment signifiant, c’est le Monde de Pénélope.

 

Le nucléaire, la condition féminine, le développement de l’Afrique, le changement climatique… Pénélope surveille notre niveau de conscience collective sur ces grands sujets de société. Le journal Le Monde est son baromètre. Ses collages de fragments d’articles sanctionnent nos dérapages, nos mensonges, nos désillusions, nos lâchetés. Ses œuvres nous séduisent par leur composition, nous questionnent par leur signification, nous accusent par leur fragmentation. Oui, nous sommes coupables d’en être qu’à ce niveau de conscience alors que nos médias, le Monde, nous ont abondamment informés.

 

J’ai découvert le travail de Pénélope en 2014 sur le salon de Montrouge. L’artiste y présentait une série de quatre grands collages (80 x 110 cm) sur la catastrophe de Fukushima en revisitant les dessins du maître Hokusai. Le tsunami d’informations, premier collage de la série, d’après le Fuji vu de la mer d’Hokusai, faisait déferler sur la centrale atomique de Fukushima une gigantesque vague composée de multiples fragments d’articles parus dans le journal Le Monde pendant le mois qui a suivi la catastrophe. Puis dans les opus 2, 3 et 4 les articles se font de plus en plus rares jusqu’au retour du matin calme ; un mensonge. Bluffant ! Ce travail est d’ailleurs entré dans la collection d’art contemporain de la ville de Montrouge.

 

La vie faisant, Pénélope questionne maintenant la conscience individuelle, le moi révélé, l’intime en relation avec l’univers. Au-delà du Monde de Pénélope l’artiste s’engage maintenant dans l’univers de Pénélope. Ne t’arrête pas Pénélope.

 

Louis-Laurent Brétillard

janvier 2020

Tribew

+33 6 85 11 42 83

lemonde-de-penelope.com

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply